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Inceste, le berceau des dominations

Anne-Florence Ditcharry • 22 février 2025

“ L'inceste, cet interdit, est toujours posé par référence à un homme, à un ego masculin,
aussi bien dans le discours des informateurs
que dans celui des ethnologues. ”  


Françoise Héritier
Ethnologue française

«
Le mal commence avec l'indifférence et la résignation »


Une lecture décapante, un grand livre
et un grand travail.
 

Françoise Héritier

Travail de synthèse portant sur l'ouvrage  de


Dorothée Bussy 

« Le berceau des dominations »
Anthropologie de l'inceste


Editions La Discussion / 2013


Dorothée Dussy est anthropologue, directrice de recherche au CNRS et directrice du Centre Norbert-Elias à Marseille.

Ses travaux explorent les rapports de domination dans différents contextes, l’articulation entre le secret, le non-dit et les pratiques sociales à partir d’enquêtes sur la ville, le corps et l’inceste. Le berceau des dominations est le premier livre d’une trilogie consacrée à « l’ordre social incestueux ». L’ouvrage étudie les « incesteurs » tandis que les deux prochains seront consacrés aux « incesté.es » et à la construction de leur subjectivité d’une part, et, d’autre part, au traitement des rares affaires qui parviennent devant les tribunaux et aux divers « procédés de légitimation du silence à l’échelle des sociétés et des institutions ».



Assez singulièrement, le traitement de l'inceste (c'est-à-dire l'ensemble des pratiques sexuelles imposées à un enfant de la famille) a toujours été amorcé à partir de la théorie de “l'interdit” de l'inceste. Le fait d'orienter l'essentiel des travaux de recherche sur les règles qui préconisent avec qui une personne a le droit – ou n'a pas le droit – de se marier dans une société, semble avoir fait écran à la compréhension fine de ce qui se joue si souvent au cœur de ces situations d'inceste et dans la vraie vie... Alors que l'inceste est théoriquement interdit dans toutes les sociétés du monde.


Prenant acte du grand nombre d'enfants abusés, Dorothée Dussy avance une lecture “décapante” de l'inceste et de ses fonctions premières.


En fait, l'inceste fonctionne comme l'outil premier de formation à l'exploitation et à la domination de genre et de classe. En outre, “il n'est nul besoin que chacun passe à la casserole pour que l'inceste éclabousse tout le monde”. Par contamination du silence sur la pratique, par exposition des comportements érotisés des uns, ou des guerres de protection des autres contre l'érotisation, par la fréquentation des incestés et des incesteurs, tout le monde participe dès l'enfance de l'ordre social qui admet de fait l'inceste, tout en l'interdisant en théorie.


Chacun est imprégné, dès le berceau, des rapports de domination constitutifs des relations familiales. L'inceste, en tant qu’exercice érotisé de la domination est un élément clé de la reconduction des rapports de domination et d'exploitation. Il doit cette étonnante performance à l'excitation et à la jouissance sexuelle que chacun, incesteur et, pour son plus grand dam, incesté... retire des moments de sexe.


L'ouvrage « le berceau des dominations », vise à décrire précisément l'inceste, les pratiques des incesteurs, les représentations que les incesteurs ont de leur pratique, mais aussi ce qui est dit et ce qui est tu de l'inceste dans la famille.

L'ouvrage décrit la façon dont se construit la personnalité (la subjectivité) des incestés placés dans un apprentissage double et surtout contradictoire :

  • Savoir, comme tout le monde, que les parents sont bienveillants et protecteurs... et que l'inceste est interdit.
  • Être abusé au quotidien par un parent, sans que rien n'en soit dit, ni par celui ou celle qui commet ces viols, ni par l'entourage, et dont toutes les traces matérielles sont effacées ou maquillées. 

Comment, dans ce contexte, la distinction entre le répréhensible et l'admis, le vrai et le faux, le dangereux et l'inoffensif, le dicible et l'indicible, le bon et le mauvais pour soi et pour les autres, se construit elle ?


1.  Dans le cadre familial

Que peut-on dire du nombre d'enfants victimes d'abus sexuels, voire victimes d'inceste, dans le cadre familial ?


Les enquêtes statistiques concernant ces registres sont très nombreuses, pratiquées à partir d'outils méthodologiques divers et dans des contextes géographiques et culturels très différents.

Les données recueillies sont variées, disparates. Pour autant, et pour en retenir les grandes lignes, il apparaît que :


  • 5 à 6% des enfants ont enregistré au moins une agression sexuelle avec contact.


  • La victime est 6 à 7 fois sur 10 une fille de 10 ans ou moins, connaissant son agresseur, dont le sexe est masculin.


  • Environ 70 % des abus sexuels de l'enfant sont perpétrés dans le cadre familial.


  • Au global et malgré la diversité des résultats d'enquête, on peut s'entendre sur le fait que pour 60 millions de français, environ 5% d'entre eux ont été victimes d'abus sexuels intrafamilial. Cela fait au moins 3 millions de personnes ayant été incestées !


Si vous ajoutez à ce nombre l'ensemble des incesteurs (en millions ou à tout le moins en centaines de milliers)... force est de constater l'ampleur du phénomène social (surtout si on y agrège les autres membres de la famille... parties prenantes “de fait” du “système inceste”... ne serait-ce que par le silence...) 


Le nombre de situations incestueuses avancées ici sous forme d'estimation large, constitue à l'évidence une “fourchette basse” si l’on tient compte des enjeux de définition de ce qui constitue, pour chacun de nous, un “abus sexuel”. Si “l'abus sexuel” n'a pas été couplé à un geste violent, les répondants pourront par exemple contester le concept d'abus. Pour les garçons abusés par une femme (surtout si celle-ci procède par avance et non par viol sauvage), il s'agira souvent d'une forme "d'initiation" et non d'une agression (en fait, ils “requalifient” généralement la violence ressentie lors de l'agression en “initiation”... seul registre admissible afin de raconter l'événement)


C'est bien souvent cette “initiation” à la vie sexuelle qui rend très difficile la compréhension de l'inceste... et plus généralement du viol comme une expérience atroce. Cette “initiation” à la vie sexuelle, faite de situations qui ne sont pas toutes heureuses, voire souhaitées, situations plus ou moins “arrachées”, qui rend les partenaires plus ou moins violeurs, plus ou moins violés.


Cette imprégnation de chacun à la contrainte sexuelle abusive ou imposée, profite ensuite à l'invisibilité des violences conjugales et de toutes les formes de violences domestiques.  “Si tu n'as pas dit à quelqu'un, voire à toi-même, que ce gars avec qui tu as couché te dégoûtait, alors tu as hypothéqué – au moment de ce premier silence – tes chances de pouvoir dire d'autres dégoûts ou d'autres violences ultérieures”. “Si tu as forcé ta copine pour qu'elle couche avec toi et qu'elle a fini par céder, alors tu capitaliseras la reddition de ta partenaire qui sera portée au bilan de tes relations sexuelles réussies”.


Et il en est de même dans l'enfance. Les gifles, les fessées, les humiliations qu'on reçoit de ses parents pour nous apprendre à écouter les adultes, nous font intérioriser dès l'enfance la justification de la violence.  Le cycle de la violence se joue bien avant la relation dysfonctionnelle entre conjoints. Le tabou de la violence conjugale s'explique par la gêne généralisée à dénoncer quelque chose qu'on s'est tous habitués à taire et dont la révélation est empêchée par le poids des mille et une expériences antérieures du silence. Si l'on ajoute à tout ça le fait que les violences sexuelles (des hommes envers les femmes) sont encore souvent pensées comme “pulsionnelles” et non délibérées... on voit mal comment les filles réaliseraient qu'elles vivent un viol.

2.  Les incesteurs 

Face à l’organisation du silence entretenu par les incesteurs, ce sont les psys et les juges qui ont interprété les actes incestueux et la personnalité des incesteurs, et ce afin de soigner et de légiférer. Ce faisant, la parole des incesteurs eux-mêmes est rare... et, lorsqu'elle se donne à entendre, elle reste largement influencée par la grille de lecture des professionnels... eux-mêmes baignant dans un ordre social qualifié d'incestueux par notre auteur.


Bien souvent, et afin de définir l'inceste, les “experts” se situent clairement dans le registre de la pathologie de l'acte, par la transgression réalisée, écartant de fait les « jeux initiatiques », les « dérapages à deux », l'inceste fraternel ou entre cousins.

Mais, ce faisant, ne laisse-t-on pas entendre qu'il y aurait quasiment consentement réciproque ? Ne faut-il pas baigner dans cet ordre social incestueux pour tordre ainsi les situations ? Aucun adulte incesté par un ainé, frère ou une sœur, n’a jamais révélé, écrit ou témoigné, avoir consenti de son plein gré un inceste fraternel. Le fait ensuite, d'entendre ces enfants, puis ces adultes, élaborer un récit de la situation tel qu'il en devienne acceptable psychologiquement, ne requalifie pas la situation d'origine.


֎  Les femmes auteurs d'abus sexuels  constituent une population relativement méconnue, et ce pour plusieurs raisons : 


  • Elles sont moins nombreuses que les hommes à être impliquées. 
  • Elles ont longtemps été catégorisées comme complices d'un homme et non instigatrices. 
  • Notre culture peine encore à reconnaître les manifestations sexuelles émanant des femmes, tout comme leurs conduites agressives. 
  • Les soins et le maternage affectent la capacité de discernement tant des victimes que des proches, qui font face à des comportements abusifs subtils et/ou masqués. 


Reste que la très grande majorité des femmes agresseuses affirme avoir été abusée sexuellement dans leur enfance, la plupart du temps par un parent ou par un proche de la famille.



֎  Les jeunes sont à l'origine d'un tiers environ des abus sexuels intrafamiliaux (frères / sœurs / cousins).


Mais au-delà de cette proportion tout à fait considérable, ce sont les controverses associées à ces pratiques qui sont intéressantes à observer.


Ainsi de nombreux psychiatres refusent de considérer la dimension abusive, agressive, voire violente, des actes sexuels lorsqu'ils sont commis entre enfants, a fortiori entre enfants de la même famille.

Des “jeux” sont évoqués en lieu et place des viols, et l'écart d'âge est mentionné comme déterminant (il y aurait abus si l'écart d'âge est supérieur à 5 ans).


Ces pratiques visent, selon de nombreux auteurs, à “explorer sa sexualité” ; certains considèrent même que l'absence d'érection durable de l'enfant fait qu'il n'y a en rien abus sexuel.


En fait, tout se passe comme si seul le point de vue du “pénétrant” (et non celui du “pénétré”) comptait. Qu'en pense l'enfant pénétré ? Souffre-t-il moins s'il est pénétré par un objet ? Souffre-t-il moins si la différence d'âge est inférieure à 5 ans ?


Bien souvent les adultes qui entourent les enfants d'une même fratrie, voire d'une famille élargie, désignent souvent comme “des jeux”, des attitudes, des gestes, une relation qui, s'ils avaient lieu entre adultes, seraient qualifiés de manipulatoires, agressifs, violents.


Comment persister à parler de “jeux” ou de “découverte” des gestes sexuels souvent répétés dans le temps et qui, même s'ils ne sont pas toujours assortis de menaces verbales ou physiques, sont généralement associés à une manipulation reposant sur l'autorité plus ou moins amicale d'un frère aîné, d'une sœur aînée, d'un cousin... 


L'auteure précise n'avoir à l'occasion de ses travaux d'enquête, jamais observé de situation d'inceste (ou de jeu sexuel) entre jumeaux ou entre cousins du même âge ; ceux-ci vont découvrir leur sexualité ailleurs que dans le cadre familial. Ainsi, si la différence d'âge paraît être une condition nécessaire à l'inceste entre enfants, c'est bien parce qu'elle amène une asymétrie des positions et un rapport d'autorité, de domination. Si les rapports sexuels entre enfants ne débutent jamais à l'instigation du plus jeune, c'est bien qu'il ne s'agit pas de jeux, mais d'abus. 



֎  Les hommes incesteurs 


Les hommes auteurs des abus sexuels intra ou extrafamiliaux ont suscité un grand nombre d'enquêtes et de travaux de recherche. Pour autant, l'ensemble de ces productions souffre de ne pas être représentatives de la diversité des agresseurs, dans la mesure où ces hommes sont généralement incarcérés et ont - pour beaucoup - reconnu leur agression. Si ces travaux sont utiles, ils ne sont pas transférables à l'ensemble des agresseurs non dévoilés.


Ces travaux suggèrent que les distinctions entre abuseurs intrafamiliaux et extrafamiliaux peuvent être plus artificielles que réelles. Il s'agit avant tout d'intérêts sexuels déviants. Les abuseurs intrafamiliaux présentent des déviances sexuelles et des risques de récidive semblables à ceux qui présentent une problématique de pédophilie. Certaines de ces études associent les conduites pédophiles à un sentiment d'infériorité sexuelle et sociale.


Les pédophiles seraient à la recherche de partenaires moins menaçants qu'un adulte. Ils rechercheraient par ailleurs des expériences venant contrebalancer des échecs conjugaux ou professionnels. Le viol serait associé à un désir de domination et d'affirmation de sa puissance.


L'attentat à la pudeur du pédophile (qui fixe l'attrait sexuel préférentiel sur l'enfant) se développe à partir d'une stratégie de séduction et de jeu, sans violence, et dans le cadre d'une recherche de pseudo réciprocité - aussi bien affective que sexuelle - avec des partenaires réguliers dont le pédophile prétend chercher à se faire aimer.


Si le pédophile est généralement associé à la perversité ; il semble qu'il y ait lieu de distinguer les choses.

Dans la perversité, la préservation de soi est fondée sur la destruction physique ou psychique de l'autre, alors que dans les perversions sexuelles, l'érotisation et l'idéalisation du scénario englobe simultanément la personne propre et celle du partenaire. Les sujets sadiques, chez lesquels se combinent perversité et sexualité, ne concernent qu'une toute petite minorité de violeurs, voire d'assassins psychotiques ou déficients mentaux.


La grande majorité des autres abuseurs concerne des hommes “névrotico - immaturo – pervers", mal affirmés dans leur identité, narcissiquement très vulnérables et souvent manipulables. Ceux-ci entrent en relation avec les enfants par le jeu et établissent avec eux des relations pseudo égalitaires où l'affectivité glisse vers la sexualité sans violence ni contrainte.

3.  Dans le monde de l'incesteur 


Ce qu’en disent les incesteurs eux-mêmes

La présente enquête s'adosse à de multiples entretiens avec 22 incesteurs incarcérés. La parole des incesteurs s'articule autour de quelques axes :


L’incesteur ne se reconnaît pas dans la définition que la Loi donne du viol et ici du viol d'un enfant, de son enfant.


La Loi définit le viol à partir du non-consentement d'au moins un des partenaires de l'acte sexuel. L'incesteur définit le viol à partir de "l'état d'esprit" qui prédispose à son passage à l'acte. Il cherche du plaisir sexuel, et en homme autonome, va le chercher là où il est facile de le trouver, sans opération de séduction.


L'incesteur se sert et n'a pas l'intention de violer au sens d'exercer une violence. L'incesté, en retour, crie rarement, ne se plaint pas, ne s'oppose pas à la relation sexuelle ; l'incesté est obéissant comme la plupart des enfants.


Rien ne manifeste l'absence de consentement des incestés à l'inceste... en conséquence de quoi l'incesteur ne sait pas qu'il viole.


Par ailleurs, la plupart des hommes conçoivent le viol comme un rapport hétéro sexuel avec pénétration vaginale. Très peu d'hommes et donc très peu d'incesteurs savent que toute pénétration, imposée par la menace, la contrainte ou la surprise, est un viol.


Certains sont à ce point perdus qu'ils sodomisent leurs filles afin de ne pas la violer ! Aucun des incesteurs rencontrés dans l'enquête ne conçoit comme un viol un rapport sexuel imposé par une femme. Dans l'ordre social, le viol ne peut être commis que par un homme, avec un sexe d'homme. Pour l'incesteur, entrer un doigt dans le vagin ou l'anus de son enfant est un attouchement, autrement dit une caresse !



► La “morale de l'incesteur”


Pour l'incesteur, le passage à l'acte incestueux n'est pas très grave et c'est pour cela qu'il est très courant.

Les incesteurs ont une morale, ce sont de bons parents, des honnêtes hommes qui ne cherchent pas à se réhabiliter aux yeux d'autrui puisqu'ils ne se considèrent en rien comme des violeurs. Pour eux, il s'agit généralement d'une histoire d'amour, de relation privilégiée.


L'incesteur pense souvent que son enfant était pubère au moment de l'inceste. Avoir des relations sexuelles avec une fille pubère est moralement moins condamnable, même s'il s'agit de sa propre fille. La nubilité octroierait à la fillette un devoir de disponibilité sexuelle pour tout partenaire qui ressentirait le besoin de la prendre.  Incester sa fille pubère (ou que l'on veut voir comme pubère) ne porte pas préjudice à l'incestée puisqu'elle est opérationnelle sur le" marché" de la sexualité.


Du point de vue de la jeune fille violée, est-ce plus acceptable à 16 ans qu'à 13 ans ?


Incester sa “belle-fille” mineure n'est pas considéré par l'incesteur comme un viol, puisqu'une belle fille n'est pas une fille !


Si le “tabou de l'inceste” concerne les sœurs ou les filles afin d'inviter les hommes à trouver des femmes hors de leur communauté (fondement de la société)... Pourquoi serait-il interdit de coucher avec les filles de sa femme?! 


En fait, les viols incestueux sont des viols d'aubaines, commis par des types qui trouvent légitime que les femmes et les enfants soient à leur disposition sexuelle... pour eux, les choses sont simples. Sauf rares exceptions, les incesteurs n'ignorent pas l'interdit de l'inceste, ils s'arrangent simplement avec eux-mêmes pour s'autoriser à faire quelque chose qu'ils avaient envie de faire.


► Pour le frère incesteur, les actes sexuels doivent être strictement imposés et il semble important qu'ils ne plaisent pas du tout à l'incesté.e.


Il n'est pas question que l'incesté.e puisse éventuellement trouver du plaisir à l'acte. Tout se passe comme si l'incesteur craignait alors que la pratique incestueuse puisse se transformer en une relation homosexuelle ou conjugale.


Pour le frère incesteur, la sexualité est bien davantage un outil efficace d'humiliation et de domination, qu'un vecteur de plaisir sexuel. Incester est aussi un moyen courant auquel recourent les frères ou les sœurs qui souhaitent faire payer à l'autre l'affection, l'attention ou la disponibilité, que ses parents lui procurent et qui manquent à l'incesteur.

4.  Le « système inceste »   


L’incesteur a besoin que l'incesté se taise sur les relations sexuelles et doit veiller au silence de l'enfant.

Dans l'immense majorité des situations, il n'a pas besoin de lui dire explicitement de se taire. Le silence fonctionne comme un système qui s'entretient et se nourrit grâce aux efforts de chacun des membres de la famille.


L'incesté et l'incesteur sont dans une situation inégale, ils n'ont pas le même statut, le même rôle dans la famille.


Le père incesteur (mais aussi l'oncle, le grand frère,...) assure un rôle de pédagogue ; c'est à lui que revient l'enseignement des normes, des pratiques et des valeurs de la société dans laquelle l'enfant grandit. Quand intervient le premier geste à connotation sexuelle, l'enfant est déjà habitué à obéir à l'incesteur, habitué à l'écouter, à faire parfois des choses qui lui déplaisent mais qui lui sont imposées par cette figure d'autorité (ranger sa chambre / bien se tenir à table / etc.).


L'incesté aime l'incesteur parce que c'est son père, son frère... et qu'on aime ses parents proches. Le statut du père (mais aussi du frère aîné) lui octroie une légitimité telle qu'il ne viendrait pas à l'incesté l'idée de se confier à tiers.


Pour ces raisons d'amour, de confiance inconditionnelle, d'habitude à la soumission, le petit incesté ne pense pas forcément à l'inceste. Si, par extraordinaire, l'enfant incesté avait quelques velléités de partager son expérience, il constaterait qu'on que l'on ne parle pas de l'inceste, qu'il n'y a aucun espace de dialogue pour évoquer l'inceste, aucun film d'enfant qui raconte une scène d'inceste.


Sous couvert de les protéger des horreurs de ce monde, on empêche les enfants d'être informés et ainsi de nommer les violences qui leur sont faites.


L'inceste, pour les enfants incestés n'a pas lieu d'être dévoilé, pas plus que les différentes formes de folie familiales.


En tout état de cause, le silence s'impose :


  • soit l'incesteur viole brutalement dès le premier rapport sexuel (ce qui est rare) et l'enfant est tellement stupéfait de cette pénétration qu'il est sidéré et donc muselé...
  • soit l'incesteur agit très progressivement et l'incesté – qui n'aura pas exprimé sa gêne ou son dégoût – est tenu par son propre silence et la honte qui le hante.


L'incesteur a, dans 30% des cas selon les études statistiques, lui-même vécu des relations sexuelles incestuelles précoces (y compris sous forme de “jeux”... qui n'ont rien de ludique... et qui laissent des séquelles considérables).


Pour les incestés, “faire plaisir” est une dimension importante à destination des parents incesteurs ; il n'échappe pas à l'incesté qu'il procure de la satisfaction à l'incesteur en se soumettant aux séances sexuelles.


Par ailleurs, il n'est pas rare non plus que l'enfant incesté soit lui-même excité par la stimulation de ces organes génitaux... ce qui contribue au maintien du silence sur les abus sexuels. Les enfants incestés sont écrasés de culpabilité lorsqu’ils observent la réaction mécanique de leur corps, en dépit de leur refus résolu de la situation incestueuse. Si la culpabilité de l'inceste n'altère pas sa santé mentale, elle écrabouille au moins et durablement (hors thérapie réussie) la possibilité d'articuler plaisir et sexualité. 


L'incesteur prétend que l'incesté a le loisir de s'opposer aux relations incestueuses. Si l'incesté.e revient, s'il/elle est éventuellement sexuellement excité.e, l'incesteur en déduit son consentement. L'incesteur n'envisage pas que l'incesté.e soit sous son emprise, privé de son libre-arbitre, ou tout simplement effrayé au point de n'exprimer aucun signe d'opposition.

La durée moyenne des abus sexuels incestueux est de 5 ans.



L'arrêt de ces abus répond à plusieurs raisons :


  • La première est la peur de l'incesteur quant à la révolte publique possible de l'incesté quand celui-ci gagne en autonomie et en assurance. Cette réalité invalide en fait l'hypothèse de pulsion pédophile ou de pulsion de libido irrépressible. L'incesteur est attentif aux éléments de contexte qui pourraient le menacer et s'arrête d'incester s'il se sent réellement en danger. 


  • Si l'incesteur est un frère, l'arrêt des abus correspond souvent au fait que l'incesteur va rencontrer d'autres partenaires sexuels.


Force est de constater que l'incesteur et l'incesté ne datent ni le début, ni la fin des abus de façon identique. Le geste (ordinaire pour l'incesteur) sera vécu comme agressif pour l'incesté. L'incesté anticipera dans l'angoisse, des moments, des gestes anodins pour d'autres, quand ils auront correspondu au passé traumatique d'un viol.


La femme, jadis incestée, percevra très légitimement la connotation sexuelle d'une série de gestes apparemment anodins et pourtant déplacés.


Les incesteurs ne cessent de retourner la situation afin de faire porter à l'enfant la responsabilité du rapport sexuel imposé, et à transformer le tout en un "petit commerce paisible". Le cadeau, l'argent de poche, les biens matériels, constituent souvent une rétribution du rapport sexuel. Une fois rétribué, la fillette n'est plus une petite fille, mais une pute à qui on a acheté un service. Dès lors que l'incesteur paie son plaisir sexuel... il n'est plus un violeur, et de ce fait, l'incesté n'est plus violé ! 

5.  L'histoire des abus sexuels dans la famille   


Environ un tiers des incesteurs ont été eux-mêmes victimes d'abus sexuels dans leur enfance.


À ce titre, il convient de remarquer que les incesteurs n'adhèrent pas à la logique de ce déterminisme du violeur / violé. Comme si ils tenaient à conserver leur libre arbitre... comme si les incesteurs craignaient de se faire étiqueter "malade mental"... niant le fait d'avoir été eux-mêmes traumatisés dans leur enfance, ils nient ainsi la gravité du traumatisme vécu par leurs propres victimes. 


Si rien n'est systématique dans les situations d'inceste, en revanche il semble clair que l'inceste arrive généralement dans un contexte où il est déjà là.


Les abus sexuels commis sur un enfant de la famille, l'exercice érotisé de la domination et de l'écrasement, le silence partagé sur les abus sexuels, le mensonge consubstantiel aux relations intrafamiliales, bref, l'inceste, constitutif de la famille, se reconduit en son sein.


Sur les 22 incesteurs qui, emprisonnés, ont alimenté les travaux d'enquête, 21 ont témoigné être au courant d'autres histoires d'abus concernant leur famille élargie.


Autre information induite par l'enquête... l'existence d'une reconduction de divers modèles d'inceste par la même paire de parents à chaque génération successive.


Par exemple : un inceste "frère – frère" a une génération, puis un autre inceste à la génération suivante.

Dès lors se pose la question de savoir comment se transmet le modèle d'inceste à la génération suivante ?

On peut à ce titre concevoir que le langage corporel du père, en présence de son frère, témoigne de l'ancienne relation sexuelle et des affects qui y étaient liés... et informe ainsi les enfants de la dimension érotisée du lien entre leur père et leur oncle.


Dans le cas de l'inceste, l'érotisation de la relation, même violente, même humiliante, même douloureuse... contribue, par l'excitation provoquée, par le plaisir sexuel révélé... à sa reconduction et à sa pérennité. 


Une autre révélation de l'enquête réside dans le fait d'observer des familles où l'inceste est tout à fait banal... ou presque tous les oncles incestent leurs nièces qui, devenues adultes, épousent des incesteurs qui, à leur tour, incesteront leurs filles et leurs nièces. Même si dans ces familles l'inceste est interdit, les incesteurs considèrent implicitement que les jeunes de la famille doivent être disponibles sexuellement. 

Comme tous les adultes ou presque sont des incesteurs, il n'y a pratiquement personne pour décaler la perspective et trouver bizarre l'érotisation généralisée des relations. Les gestes déplacés sont donnés à voir aux enfants qui apprennent ainsi cette forme spécifique de sociabilité. 


Les parents, et plus généralement les adultes de la famille, sont des modèles pour les enfants. Les enfants apprennent d'eux les conduites, les codes sociaux, les divers apprentissages de l'enfance. Les enfants ont généralement des affinités particulières avec certains adultes qui les entourent et dont ils font des héros familiaux inspirants.


Dans les familles où il y a inceste, les enfants ne séparent pas le "héros", le "modèle"... de l'incesteur, qui ne forment ensemble qu'un seul et même homme.


Quand, par exemple, les abus sexuels de l'oncle sur la sœur sont révélés, que la mère soutient son frère plutôt que sa fille, que les agissements de l'oncle restent totalement impunis... comment l'enfant viendrait il à dévaloriser son oncle ? Pourquoi condamnerait-il un acte qui n'a pas dévalorisé son oncle mais sa sœur ? En réalité, le neveu aura ainsi intégré les codes de justice familiale et l'impunité des abus sexuels, ainsi que le nécessaire silence des victimes sur l'inceste, au risque d'entrer en disgrâce maternelle. Le neveu est un bon fils puisqu'il a intériorisé pleinement les valeurs et les codes familiaux! 


Dans les familles incestuelles, la bonne conduite n'est pas de s'abstenir d'incester, mais de s'abstenir d'en parler... Parce qu'il n'est pas rare qu'un incesteur inceste un mineur qui aura été incesté précédemment par un autre membre de la famille... sans que cela ne se sache. 


Une chose est de taire l'inceste au moment où ont lieu les relations sexuelles, une autre est de faire que le silence perdure tout au long de la vie. Si l'on peut douter que l'incesté se taira une fois devenu adulte voire parent, la stratégie de l'incesteur consistera à faire que la version de l'incesté ne soit pas plus crédible que la sienne. 


À ce titre, toutes les formes de dévalorisation du propos de l'incesté, voire de sa propre personne, sont mobilisées et sont d'autant plus efficaces que personne n'a intérêt à assumer avoir un violeur d'enfant dans la famille.


Et que dire de la force et du travail psychique opéré par l'incesté qui révélera – 20 ans après les faits – l'inceste qu'il aura eu année après année, après avoir menti pour mieux taire, pour ne jamais révéler au risque de tout faire exploser.


De fait, la question du dire et du taire sera intériorisée par chaque membre de la famille et se réactivera brutalement dans des situations émotionnelles inhabituelles tout au long de la vie.


Quand ils sont petits, presque tous les incestés tentent de dire qu'ils ont été victimes d'abus sexuels et, s'ils ne sont pas entendus, c'est-à-dire dans l'immense majorité des cas, ils retournent au silence et, dans un conflit intérieur épuisant, négocient interminablement la possibilité de verbaliser quelque chose des viols.

6.  L'incesteur et la Société   


Dans les affaires d'inceste, le système judiciaire continue de profiter à l'incesteur, et ce malgré une répression croissante "sur le papier" des crimes sexuels.


Les recours en justice aboutissent rarement à la reconnaissance des abus sexuels ; 50 % des procès pour meurtre sont suivis d'une condamnation, et seulement 2 % des procès pour viol.


Le décalage est grand entre la théorie de l'interdit de l'inceste et la pratique courante de la sexualité avec les enfants de la famille. Le droit français ne nomme pas l'inceste et notre code pénal ne reconnaît pas l'infraction "spécifique" lorsque l'enfant est violé par un membre de la famille (comme si le droit voulait cacher la singularité de l'inceste en regard des autres types d'abus sexuels).


La question du consentement, et derrière lui de la liberté sexuelle, et avec elle des droits fondamentaux, est l’élément central de l'argumentation des défenseurs de la sexualité avec les enfants.


En France, de nombreux intellectuels ont milité pour dépénaliser les relations consenties entre adultes et mineurs de moins de 15 ans (âge du consentement en France). Ces intellectuels, très majoritairement des hommes, ont écrit en hommes du 20ème siècle et au nom d'une forme d'universalisme... alors qu'il s'agit ni plus, ni moins, d'une forme de position masculine qui tient très peu compte de la perspective féminine et enfantine quant au consentement.


L'échelle de gravité des infractions sexuelles est calée sur une conception masculine du crescendo sexuel. Si les gestes sexuels sans pénétration sont passibles d'une sanction moindre car considérés comme moins graves, c’est en référence au moindre plaisir qu'ils procurent aux hommes. Ainsi, une fellation faite à un enfant est un "attouchement" alors qu'une fellation demandée à un enfant est un viol. Les fellations sont moins sanctionnées que les pénétrations vaginales, qui sont moins sanctionnés que les sodomies.


Dans le même esprit, la sanction imposée sera généralement plus importante si la victime est un garçon, parce que le viol paraît plus dommageable pour un garçon que pour une fillette !


La terminologie afférente aux violences sexuelles et/ou domestiques, éclaire la conception masculiniste des rapports sociaux.


Elle tend à nier le caractère violent et genré des actes commis : le viol conjugal devient "devoir conjugal", le meurtre entre époux, se transforme en "crime passionnel"... les crimes d'honneur, les tournantes constituent autant de formules visant à désaggraver les actes.


L'agression devient un geste de tendresse mal contenue, le mot viol disparaît du tribunal pour faire place aux "rapports sexuels"... Les questions relatives à la sexualité semblent exclues de la définition de ces incesteurs, qualifiés généralement de "bons pères de famille"... comme s'il suffisait, dans la définition masculiniste, d'avoir un emploi, de subvenir aux besoins logistiques du ménage, de ne pas (trop) boire de ne pas (trop) se droguer, d'être courageux et travailleur, d'être bon collègue de travail, bon voisin...


Assez curieusement, s'il y a des incestes commis par des femmes, pour l'instant, aucune victime (en France) n'a porté plainte pour dénoncer un viol incestueux commis par une femme. Comme si, dans une justice et un droit masculiniste, c'était bien par les hommes et pour les hommes que sont conçus et mis en œuvre les textes de loi encadrant les infractions de la vie privée.


Dans le même sens, il est intéressant d'observer que ce qui a déclenché l'ultra médiatisation de "l'affaire d'Outreau" (situation de pédophilie meurtrière extraordinaire) ce n'est pas tant le viol des enfants et le procès des parents (entre autres personnes) mis en accusation, que le doute sur le témoignage des enfants ! Le scandale de l'affaire d'Outreau ne tient pas au viol avéré de nombreux enfants par de nombreux adultes dont les parents des enfants... mais, aux failles de l'instruction qui ont conduit à l'inculpation de personnes par la suite acquittées. Les victimes d'Outreau ne sont pas les enfants violés, mais les adultes acquittés au second procès ! 



Le passage à l'acte incestueux est le résultat d'une pédagogie familiale dont chacun, garçon ou fille de la famille, est bénéficiaire et qu'il intériorise. Il n'y a pas de spécificité féminine dans la pratique de l'inceste, les filles incestueuses héritant, de la même façon que les garçons, des préceptes et des implicites de la pédagogie érotisée de l'écrasement, constitutifs de l'ordre social.


L'interdit de l'inceste est l'objet de plusieurs explications : 


  • Nécessité sociale et biologique de fabriquer du "différent" (par exemple en obligeant à aller chercher le partenaire ailleurs que chez soi). 

  • Nécessité d'établir des liens d'échange entre familles et au-delà entre groupes sociaux (en cédant ses filles et ses sœurs à autrui). 


Si, comme l'avance l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, "la prohibition de l'inceste fonde la société", les incesteurs, comme les incestés (et leurs témoins) sont incités à se taire, puisque personne ne peut vivre en se représentant comme étant hors de la société. Si les femmes sont en position d'être cédées à des tiers pour faire société, alors elles ne peuvent s'offrir elles-mêmes et leur statut est inférieur à celui des hommes. De ceux qui tirent plus ou moins bénéfices à reconduire un dispositif de domination (les incesteurs par exemple) à ceux dont la subjectivité est écrasée depuis le berceau et qui cèdent au désir des autres par intériorisation de leur écrasement (les incestés par exemple).


La pratique de l'inceste (usage d'un petit de la famille comme objet sexuel) est une spécificité humaine (aucune autre espèce ne prend un être sexuellement immature pour partenaire sexuel).


À contrario, dans certaines espèces animales, les adultes tuent et mangent leurs petits... les humains s'abstiennent !


Le sens de la pratique de l'inceste peut, peut-être, s'expliquer dans cette césure historique avec les autres espèces. Plus intelligent que les autres animaux, les humains ont compris que tuer (ou trop affaiblir physiquement) les petits n'était pas un bon calcul pour le groupe. En ôtant le meurtre des enfants du champ des outils pédagogiques à disposition, les hommes ont dû faire de l'inceste un outil premier permettant d'accroître considérablement les capacités de domination des uns et de soumission des autres. 



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